lundi 14 mai 2012
ENFIN trouvé du réseau, et devinez où....dans un couvent chez les soeurs...ce soir vêpres à 18h30...
je vais essayer de rattraper le retard...
1er jour seul, Mary (Maryline, Anne Marie)est partie hier soir.... Elle a fait avec moi, et je l'en remercie encore, les deux premières étapes qui sont classées comme les plus difficiles. Mais après cette journée, il me semble qu'elles sont toutes difficiles.
La soirée s'est bien passée, en fait tu ne restes pas souvent seul.
Je me suis trouvé un couchage pour le lendemain. Pierre qui arrive dans "ma" chambre, surpris de voir Maryline qui allégeait mon sac avant de prendre son bus, était sans gite pour le lendemain ; pas de problème on rappelle la mamie (je me permets de dire mamie, vous comprendrez plus tard). La réservation était dans un gite de 5/7 personnes. En partant diner, certains marcheurs étaient SDF...on rappelle la mamie pour un couple de plus, François-Xavier et Babette, Berny (que l'on "découvre" avec Nadine) nous demande si il reste une place, toujours aucun de probléme, on recontacte..... après le repas François Xavier (que j'appelerais "Bourgeois") rencontre deux Irlandais en peine de couchage...devinez ...bien sur chez la Mamie....nous étions sept....
Le matin départ à 8 h, première étape seul, les premiers hectomètres ça fait drôle....Mais, après à peine une 1/2 h un gars me salue et me fait la conversation, plutôt je l'écoute parler...il était entrainant et la cadence était soutenue : 7,5 km en 1,5 h, je souhaitais qu'il ne reste pas plus longtemps avec moi sinon mes durites allaient sauter. Un "Fou" qui a déjà fait Compostelle l'an dernier. Il lui arrivait de faire des étapes de plus de 60 km.... il a gravi le col de Roncevaux en 4h (1400m de dénivellé), il s'était fixé comme objectif de ne jamais être doublé sur le chemin espagnol, ce qu'il a réussi, un fou je vous ai dit....
Ensuite, j'ai marché, pendant de longues heures seul, les difficultés du chemin et le poids du sac paraissent plus pesantes....et puis ça trotte autant dans la tête que sur le chemin.... Arrêt à midi alors que j'avais prévu 13h, la fatigue a eu raison de mes prévisions, néanmoins moment de bonheur simple, repas frugale 2 pommes une banane et petite sieste d'1/4 h dans des myrtillers sous de grands pins....
Nous avions rendez vous à 15h (avec les différents colocataires du jour)à Le Sauvage....j'ai marché, marché, marché baté (?) comme un mulet. Après une heure de marche mon dos n'en pouvait plus, arrêt près d'une grosse pierre (pour poser le sac) délestage du sac....j'étais mort, doublé par les savoyards qui me demande si j'allais encore loin : Le Sauvage...."t'es tout près courage", je remets ce putain de sac sur le dos et je repars, large chemin plat au milieu des champs de jonquilles.
J'arrive vers une grosse batisse en pleine nature....je vais voir si je peux avoir de l'eau fraiche au bar. Aucun problème. Je demande si" Le Sauvage" est encore loin, le gars me répond "c'est ici", j'insite "mais le village ?" "il n'y a pas de village, Le Sauvage c'est ce domaine"....J'étais arrivé ouf. Pour me récompenser, je commande un "monaco", le garçon : "pas de problème" mais il va voir sa collègue pour lui demander ce que c'est ??? il revient vers moi et me dit "nous sommes des paysans qui tenons cet établissement en fonction de nos disponibilités, et le "monaco?" je lui explique, il me sert, près de moi un client danois me demande " qu'est ce que c'est, c'est bon ça? je lui dis (il parlait français) que c'est un panaché avec de la grenadine et que la bière plus le sucre ça retape son homme....il rend son "beaujolais texan" pour demander un "monaco" le garçon me lance un regard (!). Le jeune étudiant états-uniens qui était au bar, lui aussi, demande au danois "qu'est ce que c'est ?" et rebelote....le garçon me dit "vous avez gagné" je lui réponds "vous savez ce que c'est maintenant" le tout sur le ton de la rigolade...
Il était 13h30, j'avais du temps à tuer. je sais, donc, que ce "gite-hotel-bar-restaurant" appartient au conseil général de la hte Loire et qu'il est laissé en gérance à une SARL de 35 paysans qui le valorisent et qui y vendent en plus leurs produits.
1er arrivé Pierre après plus d'une heure d'attente ; à 10mn de l'heure du rendez vous Babeth et François-Xavier arrivent, il faut bien sur aller boire un coup. Nous installons à une table, les Irlandais étaient là (ils avaient raté le rendez vous de plus d'un km et étaient revenus sur leur pas) nous étions tous là sauf Berny qui souffrant des pieds pouvait ne pas finir l'étape. Le garçon prend la commande, arrive mon tour il me dit avant que je me prononce "un monaco". En fait, nous avions rendez vous pour faire des courses, car dans notre gite qui était 4,5 km plus loin le repas du soir n'était pas assuré. Heureusement que Caroline (Babeth, mais je ne me rappelle jamais de son prénom)a discuté avec la gérante du casino à Saugues qui lui a appris qu'à Le Sauvage il n'y avait pas de magasin, seulement de la vente de produits fermiers, elle a donc pris une initiative heureuse en se chargeant de 500g de pâtes. Néanmoins quelques courses à cette halte réparatrice, pâtés, saucisson, fromage et 2 douzaines d'oeufs étaient nécessaires.
Nous nous apprétions à reprendre le chemin quand Berny est arrivé accompagné de Nadine qui l'a encouragé sur ce parcours difficile pour tout le monde mais pour lui en particuliers avec ses pieds "ampoulés".
Quatre km interminables, c'est dur de reprendre après une longue halte. De plus il fallait chercher la direction du Gite accrochée à un arbre, quitter la route pour traverser pendant 1,5 km un parc à moutons, avec escaliers en bois pour franchir les clotures élrctrifiées.... On ne voyait jamais le toit du gite, nous étions à travers un immens paturage à se demander si nous étions bien au bon endroit (nous avons même retéléphoner à la Mamie) "oui, oui marchez tout droit pendant encore un km". Enfin, nous arrivons, c'est le petit fils qui nous accueuille ; il a l'air inquiet, nous aussi car nous voyons 4 marcheurs assis à la terrasse (il n'y avait normalement que 7 places). Je lui demande s'il y a un problème ? S'il pouvait tous nous loger ? "il y a un problème ma grand mère a accepté des gens alors que le gite était dèjà plein (11 pour 7 places) en fait il y avait 10 couchage en formant des couples (???). Berny qui était,encore, derrière, irait coucher dans le foin. Autre problème, la Mamie nous avait dit qu'il y avait du pain (2,5) pour 11, diner et petit déjeuner ???? La Mamie (85 ans) arrive tout affolé, "c'est de ma faute j'ai fait une bétisse" réponse collective des derniers arrivés "mais ce n'est rien madame, on va s'arranger" "Berny dormira sur le divan dans le salon". Grande discution entre la grandmère et le petit fils au sujet du pain. "il faut que tu ailles en chercher", le gamin hésite beaucoup, nous lui avons demandé de mettre une table dehors. La grand'mère nous dit au Bourgeois et à moi) "dites lui, vous, qu'il parte chercher du pain avant 19 h" nous arrivons à convaincre Pierre (le petit fils). Parmi les gens qui étaient déjà installés, je reconnais un marcheur, nous nous regardons et il me dit "monaco" c'était le Danois Claus. il était en train de siroter un canon de rouge, je lui demande s'il connaît le "communard" "non". je vais chercher du cassis et lui sers un communard, il goûte et tout de suite sort son carnet pour noter la recette à côté de celle du monaco. Nous invitons Claus à se joindre à nous pour le repas. La table est dressée dehors par Pierre (un marcheur), j'ouvre les bocaux de pâté et fais des partions, pendant ce temps Caroline qui s'est fait donner des échalotes par la Mamie prépare les pâtes et les omelettes pour 8. Une chose importante, je suis allé acheter 4 bouteilles de Fitou à la Mamie. Apéritif dehors au rouge, sous le soleil déclinant, elle est pas belle la vie du pélerin ? Après avoir dégusté les produits du terroir, Caroline (Babeth) nous a servi ses omellettes aux échalotes et aux pâtes très appréciées à l'unanimité. Autour de la table, 1 Danois, 2 Irlandais, 3 Bretons, 1 Lyonnais et un Ht Savoyard qui avec l'aide du rouge se sont lachés, conversationnellement j'entends. Et le Bourgeois lance le sujet : pouquoi faites vous Compostelle ? Chacun avec, bien sur, des raisons très différentes et en respectant les proportions des analystes. Certaines raisons étaient très émouvantes, l'instant fut quelque peu poignant.... Retour à la routine du "pélerin-marcheur", il faut tout ranger et faire la vaisselle , moment épique et bruyant avec les Irlandais à la plonge et le Danois à l'essuyage...et Caroline qui prenait des photos, grand moment de rigolade que n'ont pas apprécié les autres locataires.
Très longue page qui n'a peut être pas d'intérêt pour mes lecteurs potentiels, mais ce n'est que le résumé d'une journée de "marcheur" sur le chemin de Compostelle. De plus ce blog me sert de journal, car à mon âge on oublit vite les petits moments sympas ou on ne sait plus les situer dans le temps et dans les lieux.....mais vous pouvez zaper....
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